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40 ans de centres scientifiques : Quelles évolutions ?

Depuis quatre décennies, une quarantaine de CCSTI (Centre de Culture Scientifique, Technique et Industrielle) font vivre la science auprès des publics de leurs territoires. Mais derrière leurs portes se cache une profonde mutation pour répondre aux nouveaux enjeux de notre société. Deux enquêtes de l’Ocim (Office de Coopération et d’Information Muséales), réalisées en 2011 et 2021, analysent l’évolution de ces structures sur les dix dernières années.

Ah, les bons souvenirs de la sortie scolaire au Vaisseau, le musée où il est interdit de ne pas toucher… Même si vous n’êtes pas alsaciens, vous avez sans doute connu, près de chez vous, l’équivalent de ce musée de sciences pas comme les autres.

Les fondamentaux : Ce qui fait l’ADN des CCSTI

Majoritairement organisés en structures privées à but non lucratif, ces centres ont conservé la même mission depuis leur création : faire connaître les compétences technologiques et scientifiques, ainsi mises au service des enjeux sociétaux propres au territoire dans lequel elles sont ancrées.

Pour y parvenir, les CCSTI font partie intégrante d’un vaste réseau d’acteurs et de partenaires locaux qui dynamisent leurs actions de culture scientifique auprès des publics. En effet, ces structures collaborent étroitement avec les collectivités territoriales, mais aussi avec les universités, les laboratoires de recherche et le monde de l’entreprise de leur région. De cette manière, ils ne sont pas simplement des lieux de diffusion de la science, mais ils participent à la promotion d’une identité locale, en renforçant les liens entre ces instances et les résidents du territoire. À l’image de Terre des Sciences à Angers, qui a su transformer les recherches horticoles locales en un « patrimoine végétal » partagé, ces centres aident les habitants à s’approprier l’excellence scientifique de leur propre région.

Une autre priorité constante : la jeunesse et les familles. A travers les équipements de médiation abordant des thèmes variés, il s’agit d’abord de combler le fossé entre le « savant » et le « profane », mais également de susciter des vocations scientifiques chez les plus jeunes. En rendant la science accessible et concrète, les CCSTI assurent ainsi une mission de médiateur de proximité, ancrant durablement la connaissance dans le paysage socio-économique des localités.

Le médiateur 2.0 : Quand le numérique redéfinit l’éducation aux sciences

L’évolution la plus frappante de la dernière décennie au sein des CCSTI est l’intégration massive du numérique dans les pratiques de médiation. Cette transformation ne se limite pas à l’ajout d’écrans dans les galeries, elle redéfinit surtout les compétences nécessaires pour éduquer aux sciences au XXIe siècle.

De fait, les enquêtes nationales révèlent l’émergence de nouveaux métiers et une évolution profonde de leurs enjeux. On voit désormais arriver des spécialistes de la gestion des réseaux sociaux et de la communication digitale, ainsi que des concepteurs d’outils numériques de médiation directement intégrés aux parcours d’exposition. Pour les personnels, cette mutation s’accompagne de formations pour maîtriser ces nouveaux outils.

Au-delà de l’aspect technique, le numérique sert une nouvelle ambition pédagogique : passer d’une diffusion descendante des savoirs à une forme de médiation « augmentée ». L’objectif est de rompre avec la posture du visiteur purement passif pour encourager l’expérimentation et l’interaction.

L’engagement du citoyen : Une science à vivre et à débattre

De fait, les CCSTI ont également opéré un tournant majeur en s’emparant des sujets de société actuels, dépassant le cadre de la simple leçon de science, pour devenir des acteurs du débat citoyen. Si l’environnement, l’écologie et la technologie restent les piliers thématiques anciens, de nouveaux enjeux comme l’égalité hommes/femmes, le dérèglement climatique ou la santé et le bien-être sont désormais mis en avant dans les expositions et autres dispositifs de médiation.

Cette ambition de transformer le rapport au savoir se traduit physiquement par l’émergence de nouveaux espaces hybrides. À l’image du Dôme à Caen ou du Quai des Savoirs à Toulouse, de nombreuses structures se réinventent en « tiers-lieux », intégrant des espaces de travail collaboratifs comme des fab labs. Les CCSTI ne sont donc plus seulement des salles d’exposition, mais des laboratoires de proximité où chacun peut venir innover.

Cependant, cette volonté de faire du visiteur un véritable acteur scientifique se heurte à un paradoxe persistant. Malgré les dispositifs mis en place, le public reste encore majoritairement dans une posture de spectateur ou d’expérimentateur ponctuel. La co-construction, où le citoyen participerait à la gouvernance même des projets scientifiques, demeure une pratique encore peu courante dans le réseau des CCSTI. L’intégration des fab labs apparaît donc comme un levier essentiel pour briser cette distance et passer d’une science diffusée à une science réellement partagée et débattue.

Bibliographie : 

 


OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
suzannebader (12 mars 2026). 40 ans de centres scientifiques : Quelles évolutions ? Contrepoints. Consulté le 9 septembre 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/15v43


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